A cette date, trois Conventionnels vivent toujours ! Louis-Philippe Dumont et Doulcet-Pontécoulant, l’un royaliste, l’autre très modéré, tous deux élus du Calvados, meurent en 1853 ! Le dernier survivant, Thibaudeau, est à la fois un régicide et ancien président.En 1853, Thibaudeau, Comte et Préfet par la grâce de Napoléon Ier, devient Grand Officier de la Légion d’Honneur et Sénateur par la grâce de Napoléon III. Son opinion, à la fois intéressante et pittoresque, illustre le redressement de l’image de la Convention dans la première moitié du XIXe siècle : “La Convention avait été convoquée sous le canon du Dix Août : le canon du Treize Vendémiaire annonça sa retraite. Pendant une session de trois ans, elle avait résisté à l’Europe, vaincu ses ennemis, dicté la paix, constitué la République, amené les rois coalisés à la reconnaître et à conclure des traités avec elle, ajouté la Belgique à son territoire, élevé la France au premier rang parmi les nations, triomphé de ses ennemis intérieurs et pacifié la Vendée. Elle avait établi l’uniformité des poids et mesures, préparé une législation égale pour tous, jeté les principales bases d’un code civil et constitué la dette publique en l’inscrivant sur le Grand Livre. Elle avait décrèté des codes pour toutes les branches du service militaire. Elle avait fondé le musée national des arts, des écoles pour les sciences, les lettres et toutes les parties de l’enseignement public. Elle lèguait à l’avenir d’abondantes ressources, de terribles leçons et de grands exemples. Le bien qu’elle avait fait ou préparé était son ouvrage ; les calamités, qui sous son règne, avaient affligé la patrie, étaient le résultat des circonstances.”
La Convention pouvait espèrer de son ultime représentant un bilan plus favorable encore, et plus imprègné de convictions démocratiques. Mais reconnaissons qu’elle aurait pu tomber sur une description plus sévère !


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